Le 13 février 2026, le gouvernement français a publié au journal officiel la troisième programmation pluriannuelle de l’énergie, dite PPE3. Un texte très attendu — repoussé à plusieurs reprises depuis 2022 — qui fixe la trajectoire énergétique de la France jusqu’en 2035. Pour les professionnels qui envisagent une installation photovoltaïque, ce document a des implications concrètes.
Qu’est-ce que la PPE3 ?
La Programmation pluriannuelle de l’énergie est l’outil central de pilotage de la politique énergétique française. Créé par la loi de transition énergétique de 2015, il définit les priorités et les objectifs de production pour chaque source d’énergie — renouvelables, nucléaire, fossiles — sur une période de dix ans. La PPE3 couvre la période 2026-2035 et s’inscrit dans la trajectoire de neutralité carbone fixée à l’horizon 2050.
L’ambition centrale est claire : réduire la part des énergies fossiles dans la consommation finale énergétique de 60 % aujourd’hui à 40 % en 2030, puis à 28 % en 2035. Et pour y parvenir, le photovoltaïque est l’un des leviers prioritaires.
Quels objectifs pour le photovoltaïque dans la PPE3 ?
C’est le cœur du sujet pour notre secteur. La PPE3 fixe des objectifs photovoltaïques de puissance installée en France :
48 GW en 2030 — entre 55 et 80 GW en 2035 — contre environ 30 à 31 GW fin 2025.
En clair, la France doit doubler, voire tripler ses capacités solaires installées d’ici dix ans. C’est un signal fort envoyé à l’ensemble de la filière photovoltaïque.
Une répartition par type d’installation :
La PPE3 ventile également ses objectifs photovoltaïques selon les catégories de projets. Parmi les 48 GW visés à l’horizon 2030, la répartition indicative serait la suivante : 41 % sur petites et moyennes toitures, 16 % sur grandes toitures, 38 % au sol et 5 % sur petites installations au sol. Une répartition qui confirme la place centrale des installations résidentielles et professionnelles en toiture dans la stratégie nationale.

Pour éviter les effets de bulle ou de saturation du réseau, la PPE3 plafonne le rythme d’attribution à 2,9 GW par an jusqu’en 2028. Un choix pragmatique qui sécurise la trajectoire, mais qui implique de ne pas attendre pour positionner son projet dans les prochains cycles d’attribution. Une clause de revoyure est prévue en 2027 pour ajuster ces volumes selon l’évolution réelle de la consommation énergétique.
Les installations résidentielles et les projets professionnels de petite taille (jusqu’à 100 kWc) bénéficient d’un tarif d’achat réglementé fixé par arrêté, sans mise en concurrence. Ce mécanisme de « guichet ouvert » offre une sécurité contractuelle sur 20 ans. Il s’agit du dispositif pertinent pour une très grande majorité des installations de maisons individuelles et de petits bâtiments professionnels.


Au-delà de ce seuil, les projets entrent dans le régime des appels d’offres pilotés par la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE). Les lauréats perçoivent un complément de rémunération en plus des revenus de vente d’électricité. La PPE3 programme les volumes de ces appels d’offres, ce qui permet aux développeurs de projets professionnels de planifier leurs démarches avec plus de visibilité qu’auparavant.
Ce que la PPE3 signifie pour un professionnel ou un agriculteur
Les projets professionnels au-delà de 100 kWc peuvent désormais être planifiés avec une meilleure lisibilité des fenêtres d’attribution.
De plus, la PPE3 s’inscrit dans une logique de souveraineté énergétique et de soutien à la compétitivité des entreprises françaises face aux coûts énergétiques. Produire sa propre électricité, c’est se protéger durablement de la volatilité des marchés. C’est aussi une démarche RSE valorisante, de plus en plus prise en compte dans les appels d’offres publics et privés.
Ce que la PPE3 ajoute, c’est une certitude : les conditions de soutien existent, le cadre réglementaire est stable, et la demande nationale va continuer à croître. Plus vous attendez, plus les délais pour une pose photovoltaïque s’allongent.
